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séances ciné du mois de mars

Ce mois de mars aura été une bonne moisson de séances ciné :

  • Une Education, de Lone Scherfig
  • Nine, de Rob Marshall
  • Shutter Island, de Martin Scorscese
  • Precious, de Lee Daniels
  • The Ghost Writer, de Roman Polanski
  • Alice au Pays des Merveilles, de Tim Burton
  • L’arnacoeur, de Pascal Chaumeil

UNE EDUCATION

1961 – Ca commence fort avec un générique rythmé par une musique qui donne la pêche [Floyd Cramer - On the rebound] puis on découvre la vie de la jeune Jenny, jeune fille brillante de 16ans qui rêve d’entrer à Oxford et dont les parents – surtout le père – la poussent à étudier plutôt qu’à se consacrer à quelques loisirs. Ses soirées doivent se passer dans le calme, le nez collé aux bouquins, le tout dans le plus grand silence. C’est alors qu’un soir de pluie, tandis qu’elle sort d’une répétition de son orchestre dans lequel elle joue du violoncelle, elle croise la route de l’homme qui va tout changer : David. Deux fois plus âgé qu’elle et plus riche, la jeune fille va découvrir à ses côtés tout ce dont elle a toujours rêvé : les sorties dans des milieux branchés, l’opéra, Paris et l’amour. Sauf que ce joli conte de fée est bien trop beau pour être vrai…

Adapté du roman de Nick Hornby – dont j’ai adoré le bouquin Haute Fidélité – ce film c’est 1h35 de fraîcheur. On partage tous les sentiments de cette jeune fille, peut-être un peu trop naïve, passant de la joie, à la timidité jusqu’à la colère et le dégoût. On ne voit pas le temps passer et lorsque la fin arrive, on regrette juste qu’elle soit si rapide, sans dialogue. L’actrice principale, Carey Mulligan 25ans, est une belle surprise et colle parfaitement au personnage de Jenny qui du haut de ses 16ans, fait tout de même preuve d’une certaine maturité. A voir.

NINE

Italie – Guido Contini (Daniel Day-Lewis) est un réalisateur respecté dans son milieu professionnel et obsédé par les jolies femmes dans sa vie privée. Marié à la jolie Louisa (Marion Cotillard), ancienne actrice, il la trompe avec Carla (Penelope Cruz) tout en brûlant toujours secrètement de passion pour sa muse Claudia (Nicole Kidman). Pressé par son producteur, Guido doit tourner un nouveau film d’ici peu dont il ignore encore le scénario. Harcelé par la presse, il ne sait pourtant pas s’il est prêt à passer de nouveau derrière la caméra… Au bord de la dépression, c’est en musique que nous partageons son désarrois, ainsi que les diverses déclarations de ces femmes qui hantent sa vie.

Peut-être un des films que j’attendais le plus en ce début d’année, c’est donc avec regret que je dois admettre qu’il m’a déçue… Le casting est presque parfait, les décors et les costumes aussi, les chansons sont belles et parfois poignantes [Take it all - Marion Cotillard ou bien Be Italian - Fergie] mais pourtant le film regorge de défauts difficiles à cacher. Tout d’abord, choisir Daniel Day-Lewis pour premier rôle OK, mais pour jouer un Italien ? Alors là je dis non ! Ce mec est Irlandais,  certes il est grand et brun mais en aucun cas il dégage ne serait-ce qu’une once d’attitude latine. De plus, je ne sais pas ce que cela donne en VO, mais sa voix de doublage en français a voulu lui donner un accent italien pour rendre le tout plus crédible. Râté ! Au contraire, c’est super énervant. Concernant les actrices, Kate Hudson ne sert vraiment à rien (même si j’ai adoré sa prestation Italiano), Nicole Kidman n’apparait même pas un quart d’heure sur toute la durée du film, Fergie ne parle pas mais nous offre une belle scène de chant avec Be Italian. Seules Penelope Cruz, Marion Cotillard et Judith Dench méritent de paraître sur l’affiche. Je n’irai tout de même pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’une daube, mais il n’est pas à la hauteur des dernières grandes comédies musicales (Chicago, Moulin Rouge).

SHUTTER ISLAND

Teddy Daniels, marshall des Etats-Unis, est envoyé dans un grand centre psychiatrique situé sur une île, pour enquêter sur la disparition d’une patiente, Rachel Solando. Sur le ferry qui l’y conduit, il fait la connaissance de son partenaire, Chuck, qui l’épaulera tout au long de son séjour. Sur place, tous deux font face à certaines incohérences qui sèment le doute, tout particulièrement chez Teddy qui fera tout son possible pour déceler la vérité…

Alors là mes enfants, c’est du lourd ! Adapté du best-seller écrit par Dennis Lehane, Martin Scorscese réussit à donner vie à un excellent thriller. L’atmosphère qui règne durant tout le  film nous rend mal à l’aise, soulignée par une musique très pesante et assez dérangeante, parcourue par des personnages tous plus énigmatiques les uns des autres avec en tête de liste, Teddy, incarné par un Leonardo Dicaprio tout simplement grandiose. Un film à la hauteur de mes espérances que je suis allée revoir une deuxième fois. Difficile d’en dire plus sans gâcher l’histoire… J’ajouterai juste que même s’il ne plait pas à tout le monde, ce film est pour moi une réussite dans son genre!

PRECIOUS

Clareece “Precious” a 16ans. Enceinte de son deuxième enfant, fruit de l’inceste, elle vit chez sa mère, violente et jalouse. A cause de cette vie malsaine, la jeune fille ne parvient pas à s’épanouir socialement et encore moins sur le plan scolaire. Illettrée, elle est transférée dans une école alternative pour élèves en difficulté où elle fera la connaissance d’une enseignante qui la soutiendra jusqu’au bout. Alors que Clareece commence à sortir la tête hors de l’eau, ses problèmes sont loin de se terminer…

Une histoire difficile à jouer mais aussi à regarder. Precious nous emmène aux côtés de cette jeune fille déboussolée, qui s’accroche à ses rêves afin d’oublier la vie pourrie qu’elle mène, entourée d’une famille qui n’a aucun amour à lui montrer, aucun soutien, aucune gratitude… Precious survit dans ce monde ignoble dont elle est victime. Lorsqu’elle rencontre les personnes susceptibles de l’aider et la faire sortir de cet enfer, on découvre une toute autre Clareece, une Clareece souriante, qui aime s’amuser, qui a envie de réussir et, par dessus tout, d’être une bonne mère pour ses enfants. Ce film m’a beaucoup touchée et émue jusqu’aux larmes. Pas besoin de grands effets cinématographiques pour ça, seul le jeu des acteurs, leur visage, suffisent à vous transporter dans ce malheur… Precious ne vous laissera pas indifférent, ça c’est sûr.


THE GHOST WRITER

Un nègre, dont on ne saura jamais le nom, se fait embaucher pour écrire les mémoires du Premier Ministre britannique, Adam Lang. D’abord hésitant vu les enjeux, il finit par accepter et se rendre au fief du ministre, sur une île de la côte-est des Etats-Unis. Là, on lui apprend que son prédécesseur qui avait quasiment fini la rédaction, a été retrouvé mort noyé des suites d’une chute du ferry qui mène au continent. Engagé pour clore le livre, il va vite se retrouver mêlé à des histoires plus que louches…

Pas du tout partante pour aller voir le film au début, je ne regrette en aucun cas maintenant. Un peu longuet, le film reste tout de même bien ficelé et sait nous surprendre lorsqu’il le faut. Mené par un Ewan McGregor vraiment parfait pour ce rôle, The Ghost Writer nous plonge dans une atmosphère froide, des décors très souvent clos nous laissant vraiment à l’étroit, en tête-à-tête avec les protagonistes. Pierce Brosnan incarne un Premier Ministre en période difficile qui ne le cache pas le moins du monde à son entourage. Sa femme, jouée par Olivia Williams, est une femme autoritaire, caractérielle, froide elle-aussi, dont on ne sait pas si on doit se méfier ou la prendre en pitié tellement son mari semble absent. Chaque personnage est en fait flou, on ne sait plus qui croire et on suit les entreprises de ce nègre, assez naïf parfois, dans sa quête pour la vérité. Malgré quelques passages longs ou prévisibles, on se laisse facilement trimballer dans ce thriller dirigé par un réalisateur qui a peut-être fait ce dont il est accusé, mais qui reste un très bon cinéaste.

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

Alice a maintenant 19 ans et est sur le point de se fiancer avec un homme qu’elle n’aime pas. Rêveuse et complètement différente de ces personnes qui l’entourent, elle se plaît à imaginer l’inimaginable. Alors que ses fiançailles arrangés ont été organisés sans qu’elle n’en soit au courant, Alice repense à cet étrange rêve/cauchemar qu’elle fait depuis toute petite. Dans le grand jardin où se tient la réception, elle aperçoit un lapin vêtu d’un gilet, qui court une montre à la main. Alice se met à le suivre et se retrouve, encore une fois, à tomber dans cet immense trou dont la chute n’en finit plus… Arrivée au “pays des merveilles”, chaque protagoniste semble la connaître, ce qui sème le doute chez la jeune fille, persuadée qu’elle est en train de rêver…

Pas très avertie au début qu’il s’agissait en fait d’une suite, je me suis laissée embarquée dans ce monde imaginaire que l’équipe de Tim Burton a magnifiquement réussi à reproduire. Sauf qu’à part la beauté visuelle, la mayonnaise n’a pas pris. Oui, j’ai été déçue par le déroulement de l’histoire qui, pourtant, s’annonçait bien. Les acteurs sont bons, les costumes, les maquillages, les effets spéciaux…tout colle, mais le scénario est parti dans un délire totalement incongru et surtout déjà vu. Peut-être que l’implication de Disney en est pour quelque chose dans ce lissage de l’histoire… tout est prévisible, tout est gentil, tout est beau, tout est Disney quoi. Bref, là aussi, grosse déception, même si je ne suis pas fan inconditionnelle de l’esprit Carollien, je pensais qu’une telle production pouvait donner quelque chose de grand.

L’ARNACOEUR

Alex est briseur de couple professionnel. Aidé de sa soeur et de son beau-frère, il est payé par des pères, frères, amis, voisins, pour que leur fille, soeur, amie (bref vous avez compris) rompe avec son copain. Cette fois-ci, c’est un riche businessman qui lui demande ses services afin d’empêcher sa fille Juliette d’épouser ce parfait anglais. L’équipe accepte, mais Alex se rend vite compte qu’il n’y a rien à briser puisque le couple file le parfait amour. Le père insistant, ce pro va devoir s’atteler à une mission vraiment difficile en se faisant passer pour le garde du corps de la mademoiselle plutôt énervante.

Un vrai moment de bonheur servi par un Romain Duris vraiment incroyable et drôle dans son rôle de séducteur professionnel et une Vanessa Paradis mignonne et très juste dans son jeu. Les seconds rôles sont aussi parfaits et indispensables à l’humour du film qui est vraiment une excellente comédie que je conseille à tous. Seul petit détail, le scénario peut être un peu trop téléphoné mais finalement on s’en moque un peu puisqu’il nous offre de vrais moments de joie et de rire avec des scènes qui marquent les esprits (pour ceux qui l’ont vu, rien que d’évoquer  Dirty Dancing doit vous donner le sourire aux lèvres, non ?).


2 Réponses vers “séances ciné du mois de mars”


  1. 29 mars 2010 à 11:28

    Très joli programme….. Qui me rappelle que ce mois-ci, nous ne sommes pas allé beaucoup au cinéma !

    On a Alice en prévision en IMAX 3D pour un de ces weekend ! Et il faudrait que je fasse une session de rattrapage pour Shutter Island.

  2. 3 mai 2010 à 1:04

    Shutter Island : c’est vrai, époustouflant de maîtrise…


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